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DANGER ! DE LA CONSOMMATION DES MEDICAMENTS ILLICITES EN CÔTE D’IVOIRE, CAS DES HABITANTS DE LA COMMUNE D’ABOBO.

Comme dans tous les pays du monde, tout principe actif (PA) médicamenteux nécessite pour son utilisation une mise en forme galénique la mieux adaptée au traitement d’une maladie déterminée[1]. Le médicament obtenu est caractérisé par trois critères : innocuité, efficacité et qualité. Son utilisation implique de toute évidence que la preuve soit faite de son efficacité, de son innocuité et de ses qualités pharmaceutiques. Pour ce faire, la prise de tout médicament nécessite forcément l’ordonnance d’un spécialiste pharmaceutique ou médicale. Également, il faut passer par un suivi rigoureux sur toute la vie du médicament, de sa conception à son utilisation par le malade afin de s’assurer qu’il conserve ses caractéristiques d’origine. Ce qui est généralement rare en Afrique en particulier en côte d’ivoire. Cette quasi-absence de contrôle et de vigilance du corps médical a fait naître un marché illicite du médicament qui va répondre à la loi de l’offre et de la demande, comme une quelconque marchandise, dans les pays où la population vit en dessous du seuil de la pauvreté (-1dollard/habitants en côte d’ivoire)[2].

Notre choix s’est porté particulièrement sur la problématique des conséquences de la consommation des médicaments du marché informel sur la santé de la population ivoirienne : le cas des résidents de la commune d’Abobo[3].

La commune d’Abobo regorge une majorité d’étranger provenant de toutes les régions de l’Afrique subsaharienne surtout des pays limitrophes de la côte d’ivoire. Abobo, est caractérisé par ses différents brassages ethniques, culturels et idéologiques et surtout par la précarité des conditions de vie de sa forte population grandissante, environ 1.200.000 habitants[4]. Cette croissance rapide est due aux conséquences de la crise sociopolitique qu’a connue la Côte d’ivoire le 19 septembre  2002, de même que le moindre coût de l’habitat et de la nourriture sont aussi des facteurs explicatifs de cette croissance démographique. Face à cette estimation de la population il faut souligner que la commune d’Abobo possède une richesse en capital humain, mais malheureusement cette main d’œuvre est livrée à elle-même. La pauvreté et la précarité des conditions de vie sont les compagnons de cette population moins vue.  Ainsi, l’absence d’activités socioprofessionnelles et socioéconomiques favorise l’entrepreneuriat de certains jeunes et adultes dans de petits secteurs d’activités économiques. Telle que le commerce de vivriers, la vente de friperies et biens d’autres. Cependant, la prostitution, le banditisme, le vol, la consommation de la drogue, le trafic commercial etc.., sont souvent le quotidien de cette population. En somme, la paupérisation de cette population rime avec mortalité et morbidité en ce sens que la santé n’est pas garantie en ces milieux. C’est pourquoi l’automédication et la commercialisation de médicaments illicites sont des pratiques quotidiennes de cette population soucieuse de son bien-être mais ignorante des dangers qui lui sont réservés.

En outre, la circulation mondiale des médicaments dans le contexte d’une mondialisation inégale a fait naître des connexions entre les  marchés licites et illicites. La présence de médicaments de mauvaises qualités ou contrefaits sur nos marchés fait penser que personne n’est à l’abri du risque d’être soigné avec de tels médicaments. C’est une perspective angoissante pour le futur de la santé publique en côte d’ivoire. Également, la part des budgets affectés à la santé par nos États et les populations sont faibles dans les pays du tiers monde. Le cas de notre pays (14%), justifie cette affirmation. La présente recherche vise à mieux connaître les risques de santé liés à la consommation des produits en vente illicite. Afin, de préciser la nature des risques de santé en fonction de la qualité et de la quantité des médicaments utilisés. Ceci contribue à la sensibilisation des consommateurs et des décideurs politiques. De même, cette étude contribuera à améliorer l’utilisation rationnelle des médicaments en côte d’ivoire.

L’objectif général de cette enquête est d’identifier les risques sanitaires liés à la consommation et l’utilisation des médicaments de la rue vendus sur les marchés de la commune d’Abobo. Spécifiquement, il s’agit pour nous d’analyser les dangers que représente l’automédication des médicaments de la rue, de décrire le profil des vendeuses et des consommateurs de médicaments illicites du marché parallèle. Car le bilan de décès à l’accouchement, les tentatives d’avortements des jeunes filles causant toujours des morts et surtout les violences et agressions meurtrières causées par les enfants « microbes » en majorité sous l’effet de stupéfiant devient de plus en plus lourds, alors que faire pour ces enfants et jeunes consommateurs victimes ?

ALEXIS ADOU.

[1]     -Le Hir A. Agrégé de pharmacie galénique. 6e édition. Paris : Masson 1991

[2]    -Rapport mondial sur le développement humain 2001, PNUD.

[3]    -Commune située au nord-est de la ville  d’Abidjan.

[4]    -INS, estimation envisagée en 2009


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